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News du 15/06/2012
Et quand la brise se fait la fille de l'air

"Tout le Monde contre le cancer" a coupé la ligne à 2h05, jeudi matin, et prend ainsi la 7ème place de la Mini Fastnet 2012.

La fin de course n'en finissant plus. Après avoir épuisé les navigateurs sur ce très long bord de près depuis l'ile de Ré, la brise jusqu'à alors soutenue a décidé au passage de la Chaussée de Sein qu'il était temps de changer de rythme. Le vent évanescent étire alors en longueur les derniers milles vers l'arrivée.
Mais c'est un grand classique en Baie de Douarnenez d'avoir le soir venu un vent bien asthmatique.


Nos deux skippers étaient prévenus et savaient à quoi s'en tenir. Plus moyen de revenir vers la tête, mais plus de risque de retour par l'arrière non plus. C'était alors l'occasion de finir les vivres du bord (excellente grâce à Marie Christine et sa fameuse "Epicerie du Port" à La Trinité sur Mer), et de revenir à chaud sur les passages délicats de la course.

Un magnifique départ

Car tout avait bien commencé pour Aymeric et Arnaud, auteur d'un excellent départ ce dimanche 10 juin, dans une brise d'ouest soutenue d'une vingtaine de noeuds (35 km/h). Les équipages avaient arisés les voiles (diminuer la surface des voiles pour s'adapter au vent) et les manoeuvres de départ devenaient assez "sport".
Conséquence de ces conditions musclées, plusieurs équipages furent victimes de collision et contraint de rentrer au port. Le louvoyage (parcours vers la direction du vent) était comme toujours très tactique en Baie de Douarnenez, et l'équipage de "Tout le Monde Chante contre le Cancer" prenait alors l'ascendant et doublait le Raz de Sein en tête.
Après ces quelques heures de course, la flotte restaient néanmoins compacte et chacun optait pour une trajectoire bien précise. Victime d'un léger déficit de vitesse a ces allures portantes (sous spi poussé par le vent), Arnaud et Aymeric ne purent empêchés quelques bateaux de tête de s'échapper.
Arrivés sur l'ile d'Yeu, les premiers obtenaient un avantage de 6 milles (10 km) sur notre duo. Le bord vers la marque "Pertuis d'Antioche" au Sud de l'ile de Ré fut plus favorable. Vent de travers et sous gennaker (Voile d'avant assez plate) et à la faveur de quelques grains qui virent le vent poussé ses rafales à 25 noeuds (45 km/h), "Tout le Monde Chante contre le Cancer" ne réduit pas la toile et attaqua très fort pour revenir coller au premier.
Les quelques milles de gagné sur la tête de flotte compensèrent largement les trombes d'eau qui recouvrirent le pont. Les skippers ont l'habitude de dire que gennaker et vent fort rime toujours avec ambiance "lance à incendie". Trempés, mais dans le match, Arnaud et Aymeric pouvaient à présent commencer le morceau de bravoure de la course : un très long bord de louvoyage (remonter contre le vent) de 200 milles (360 km) pour revenir vers la Pointe Bretagne.


Humide et penché


Il a fallu 24 heures aux skippers pour rejoindre l'ile de Ré ... il en faudra plus du double pour revenir à Douarnenez.
Ces 48 heures, les marins la vivront penchés et recouvert d'embruns, car la brise reste soutenue autour de 20 noeuds et la mer cassante. Il ne faut pas mollir pour autant et le rythme s'organise autour de quart d'une heure à la barre (pour rester toujours vigilant), repos, alimentation et matossage en fin de virement (on déplace tous le matériel du bord pour le mettre du côté favorable, pour faire contrepoids à l'action du vent).

Dans un premier temps, notre duo est en osmose avec les oscillations du vent et après une première nuit a repris quatre places et pointe alors en 4ème position. La tête de course n'est plus très loin.
La deuxième nuit sera marquée par moins de réussite. Visant une bascule du vent à l'ouest, "Tout le Monde Chante contre le Cancer" opte pour une route très ouest, et néglige alors de profiter de chaque oscillation du vent.
Un autre piège se dessine, l'arrivée sur la chaussée de Sein, et ses redoutables courants. On appelle cela des "passages à niveaux" : les premiers passe avec le courant, quand les poursuivants voit celui-ci s'inverser et doivent alors lutter contre.

Les écarts deviennent vite énormes et irréversibles. Le scénario écrit par Eole ne correspond plus aux attentes de notre duo. La bascule à l'ouest viendra bien, mais une heure trop tard, et la dizaine de minutes de retard à la Chaussée se transforme rapidement en heures, avec l'inversion du courant et la baisse du vent.
Les premiers passés in extremis à la Chaussée, profiteront aussi des derniers souffles du vent pour rejoindre Douarnenez.

Arnaud et Aymeric après avoir tant bien que mal passé la marque à contre courant, devront se contenter d'une brise erratique et avancer péniblement à quelques noeuds vers Douarnenez. Il reste encore quelques milles à parcourir, mais le verdict lui est bel et bien tombé en Baie d'Audierne. Nos deux skippers se remontent le moral en sachant bien qu'ils ne sont pas les plus à plaindre, et que commencent pour leurs poursuivants une très longue nuit...


Prochaine course : Les Sables - Les Açores, départ le 29 juillet.